Comprenons ce qu’est un « meltdown » dans le contexte de l’autisme…

Emprunté au vocabulaire de la physique nucléaire qui l’utilise pour décrire la fusion du cœur d’un réacteur, le terme « meltdown » illustre la nature aussi explosive qu’incontrôlable de la crise autistique, qui ne constitue pas un comportement extérieur, mais plutôt une crise psychologique intérieure due à une surcharge émotionnelle, sensorielle et cognitive.

Une crise du système nerveux autonome comparable à une « explosion atomique » qui court-circuite l’esprit et sa régulation volontaire, au moment où la personne autiste se sent submergée par une source de stress sensoriel, social ou lié à une surcharge d’informations qu’elle ne parvient pas à traiter. Elle éprouve alors des émotions intenses, voire extrêmes, telles que la peur ou parfois la panique mêlée d’une profonde tristesse, allant jusqu’à une colère qu’elle ne parvient manifestement pas à gérer et qui devient incontrôlable.

Je pourrais approfondir le sujet en évoquant le système nerveux sympathique et parasympathique ou la théorie polyvagale mais, fidèle à mon habitude, je préfère un langage simple pour dire que la personne autiste s’énerve lorsqu’elle subit une surcharge de stimuli ; il faut donc comprendre les dynamiques propres à chaque personne autiste, car l’autisme ne se manifeste pas du tout de la même manière chez tout le monde : s’il existe des mécanismes communs, ils s’activent différemment pour mille raisons variées à l’origine de cette surcharge.

Le conseil que je donne, en particulier aux parents d’enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme, est d’observer les signes avant-coureurs de la crise, lesquels sont très similaires dans la plupart des cas, comme le balancement du corps, le tapotement des doigts ou le fait de frapper des objets, la répétition de phrases ou de questions, ainsi que l’intensification des comportements répétitifs et rituels, allant jusqu’à la fuite pour échapper à la source de stress.

En tant qu’éducateur, j’ai appris la signification de diverses techniques et méthodes utilisées dans le domaine de l’autisme, telles que la matrice ABC, l’ABA et d’autres approches efficaces. Toutefois, à la maison comme ailleurs, tout repose sur la capacité des parents à interpréter les phases progressives du meltdown et à intervenir de manière appropriée ; la première règle que je recommande d’adopter est celle du calme, en évitant d’imposer une figure d’autorité.

C’est facile à dire mais très difficile à mettre en pratique sans faire preuve d’une grande capacité de tolérance; pour y parvenir, nous devons toujours nous rappeler que ce dont nous sommes témoins n’est pas un comportement, mais l’expression d’une souffrance.

Fabio et Sara