Quelques mots sur l’intolérance à la frustration et sur la violence envers les personnes autistes…

En écoutant les parents d’enfants et d’adolescents autistes, je recueille fréquemment de poignants aveux : poussés à bout par les crises et les colères explosives, nombre d’entre eux admettent avoir perdu patience et commis des actes de violence, qu’ils soient verbaux ou physiques.

Il arrive aussi d’écouter les professionnels en contact étroit avec les personnes autistes, notamment ceux qui s’occupent des services à la personne, comme l’hygiène et les repas. Ce sont eux qui sont les plus exposés aux caprices et aux crises, et qui se trouvent en première ligne lorsque de la violence verbale ou physique peut survenir.

Des manifestations de violence verbale et physique, compréhensibles mais injustifiables, qui ne comportent aucune dimension éducative ni aucune affirmation d’une autorité susceptible de réguler les crises des personnes autistes.

Inspirer la peur aux enfants et aux adolescents, mais aussi aux adultes, atteints de troubles du spectre de l’autisme permet peut-être d’obtenir certains résultats, mais au prix de devenir la source de stress qui engendre (et engendrera) les crises elles-mêmes, activant ainsi un cercle vicieux qui ne fait qu’alimenter la souffrance et le mal-être.

La tolérance alliée à la patience constitue la seule réponse appropriée pour amener la personne autiste à maîtriser cette absence de contrôle qu’elle subit ; aussi paradoxal que cela puisse paraître, il est essentiel de savoir comment l’accompagner vers un état de bien-être et de calme, caractérisé par une atténuation des troubles de la perception sensorielle et émotionnelle, afin d’atteindre les conditions optimales pour une interaction sereine, étant entendu que cet état optimal représente le moindre mal plutôt que la solution espérée.

Les cas de violence à l’encontre de personnes handicapées ou invalides, notamment au sein de communautés ou de maisons de retraite, sont nombreux, et ne se limitent pas à ceux que relatent les chroniques judiciaires ; cela s’explique par un mécanisme qui transforme la violence physique et verbale en un mode de communication structuré et gratifiant pour son auteur.

La violence physique et verbale devient alors un mode de relation avec la personne autiste; elle donne l’illusion d’exercer un contrôle sur elle et sur ses crises, fige les émotions et procure, à l’inverse, un sentiment de puissance et de maîtrise, celui de résoudre le problème,alors qu’en réalité, on en est un facteur déclenchant.

Il n’existe pas de recette miracle ou de solution toute faite ; seule la patience alliée à la tolérance, comme je l’ai déjà dit, est de mise. Toutefois, il faut toujours garder à l’esprit qu’il ne faut pas rester passif face aux crises et aux caprices des enfants ou des personnes dont on a la charge. Au contraire, il convient d’acquérir les techniques utiles et nécessaires pour identifier les facteurs déclenchant ces crises et les neutraliser dès leur apparition, tout en sachant, une fois la crise installée, quoi faire et, surtout, quoi ne pas faire…

Sara et Fabio