« Femmes de verre et enfants de papier ». Quelques mots sur notre réseau solidaire de maisons refuges pour les femmes et les mères maltraitées

Au cours de notre parcours professionnel en Italie, nous nous sommes longuement investis dans la protection des mineurs et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux mères au sein du foyer. Cela s’est traduit par la gestion d’un réseau de refuges pour l’accueil temporaire des victimes, en étroite collaboration avec les autorités judiciaires ainsi qu’avec des structures associatives spécialisées.

Établis en France en tant qu’éducateurs et pédagogues, nous réorganisons actuellement nos activités professionnelles. Nous nous consacrons principalement à l’accompagnement des femmes et des mères en difficulté, tout en poursuivant la gestion de plusieurs structures situées tant en France que de l’autre côté de la frontière italienne.

Pour l’instant, nous menons ce projet de manière entièrement privée, mais nous nous coordonnons avec les autorités et les collectivités locales, ainsi qu’avec diverses associations, afin de structurer une collaboration à long terme en la matière.

Forts de notre expérience professionnelle, nous constatons qu’il n’est pas systématiquement nécessaire de recourir aux autorités judiciaires pour régler les différends familiaux, en particulier face à des conjoints ou beaux-pères dont le comportement autoritaire ou violent laisse entrevoir une possibilité d’évolution positive. C’est pourquoi un temps de mise à l’écart, au sein d’un hébergement protégé et confidentiel, offre aux femmes et aux mères une opportunité précieuse: elles y retrouvent un équilibre et, grâce à un soutien spécialisé, définissent la trajectoire la plus juste pour elles-mêmes et pour l’avenir de leurs enfants.

La violence envers les femmes et les enfants est totalement injustifiable, quelles que d’en soient les circonstances. On observe toutefois qu’elle est souvent exacerbée par une dépendance à l’alcool ou à d’autres substances, qui vient s’ajouter à l’intolérance chronique à la frustration caractéristique de nombreux auteurs de violences, qu’elles soient verbales ou physiques.

À notre petite échelle, nous nous efforçons d’apporter un soutien concret et immédiat aux personnes en quête d’un abri pour quelques jours ou quelques semaines. Toutefois, nous ne sommes pas encore en mesure de garantir un hébergement de longue durée.

Sara et Fabio Piselli